Litige juridique autour des fonds russes : l’Allemagne et le Japon face à un dilemme !
Philipp Kehl de l'Université de Bucerius explique les défis juridiques liés à la confiscation des avoirs russes pour l'Ukraine.

Litige juridique autour des fonds russes : l’Allemagne et le Japon face à un dilemme !
Dans une analyse explosive de la situation juridique concernant la confiscation des avoirs russes à l'étranger, Philipp Kehl, assistant de recherche et doctorant à la Chaire de droit public, droit international et européen, commente les questions complexes entourant le gel des fonds de l'État russe. Ces fonds ont été bloqués après que la Russie a commencé son invasion à grande échelle de l’Ukraine au printemps 2022 dans le cadre des sanctions globales imposées par les pays du G7. La faculté de droit a signalé sur les différentes objections juridiques soulevées contre la confiscation des fonds.
La Russie mène depuis plus de trois ans une guerre d’agression majeure contre l’Ukraine. Pendant cette période, les pays du G7 ont largement sanctionné la Russie afin de freiner ses actions militaires et de soutenir l’Ukraine politiquement et économiquement. Kehl explique que la Russie a investi des fonds à l'étranger pour échapper à d'éventuelles sanctions et sécuriser les ressources financières du pays.
Préoccupations juridiques et positions politiques
Le débat sur la confiscation des avoirs russes montre qu’il existe des divergences de vues au sein des pays du G7. L'Allemagne et le Japon expriment de sérieuses inquiétudes quant aux conséquences juridiques d'une éventuelle confiscation des avoirs de la banque centrale russe. Cela pourrait créer un précédent juridique qui pourrait rouvrir les demandes de réparations illégales de la Seconde Guerre mondiale, une question extrêmement sensible pour les deux pays. Selon les mots de Télépolis: L'Allemagne et le Japon craignent non seulement la réaction de la Russie, mais aussi les effets négatifs sur la stabilité de la monnaie commune en Europe.
La crainte est que l’Allemagne et le Japon, tous deux responsables de nombreux crimes de guerre dans le passé, puissent à leur tour se voir confrontés à des demandes de réparations à la suite d’une telle mesure. L’Allemagne, en particulier, fait face à d’importantes créances de la part de la Pologne, estimées à 1 300 milliards de dollars, et de la Grèce, d’une valeur d’environ 300 milliards de dollars.
Alternatives et défis internationaux
Les États-Unis, quant à eux, prônent la confiscation totale des avoirs de la banque centrale russe. Ils soutiennent que les sanctions internationales contre les pays qui ne respectent pas leurs obligations sont légalement autorisées. Une proposition des États-Unis au sein du G7 vise à préfinancer les bénéfices issus des fonds gelés. Ces fonds sont destinés à servir de garantie pour les obligations qui pourraient être émises par un véhicule ad hoc du G7 pour apporter un soutien financier à l'Ukraine. Cependant, la position politique de l’Allemagne et du Japon reste inébranlable, car ils souhaitent conserver un levier inutilisé contre la Russie.
Le débat sur les fonds confisqués affecte de manière critique les principes fondamentaux du droit international. L’Allemagne fait valoir qu’en vertu du droit international, il n’est pas permis de faire valoir des réclamations contre des États devant des tribunaux étrangers. Une violation de ce principe pourrait affaiblir considérablement la situation juridique de l'Allemagne et avoir des conséquences considérables.
En résumé, la question de la confiscation des avoirs russes à l’étranger est au centre d’un réseau complexe de considérations juridiques et politiques. Les pays du G7 doivent trouver un moyen à la fois de démontrer leur soutien à l’Ukraine et de considérer les implications historiques et juridiques de leurs décisions. De plus amples informations sur les sanctions financières peuvent être trouvées dans les documents du Banque fédérale à trouver.